Tournus, un virage porté par les habitants.

A Tournus, printemps 2017, un air nouveau souffle sur la ville : un nouveau maire issu d’un mouvement citoyen vient d’être élu. Cette ville de 6 000 habitants abritant quelques 120 commerces de proximité a bien failli voir émerger un centre commercial de 20 000m2 en entrée de ville, à proximité de l’autoroute du soleil… Mais c’était sans compter sur la mobilisation citoyenne de ses habitants pour sauver le centre-ville, mais aussi les équipements de proximité comme la salle des fêtes et le cinéma.

De la pétition, à la formation d’un collectif puis d’une liste municipale, jusqu’au déploiement de ses actions, retour sur le tournant politique de cette ville moyenne entre pression commerciale et solidarité locale, où la politique est devenue une affaire collective. Un podcast sur les limites du pouvoir du maire, une réflexion sur la démocratie locale et participative et sa portée, disponible en ligne ici !

 

 

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De la boutique éphémère au Viaduc des Arts : la Fabrique Nomade se sédentarise !

Situé dans le 12ème arrondissement de Paris, l’ancien “Viaduc Daumesnil” restauré par Patrick Berger entre 1990 et 2000 pour devenir le “Viaduc des arts”, se compose aujourd’hui de 62 locaux sous voûte accueillant des créateurs et des artisans d’art. Depuis juillet 2018, la Fabrique Nomade s’y est installée. Ce sont sous ces voûtes, que nous sommes allés à la rencontre de cette association, lors du vernissage de sa troisième collection. Par la suite nous nous sommes entretenus avec Ghaïta Tauche-Luthi, responsable communication. Retour sur cette rencontre.

Une effervescence règne sous le Viaduc des Arts en ce mardi 11 décembre pour le vernissage de Traits d’Union 3, la troisième collection de la Fabrique Nomade. Fondatrice de l’association qui existe depuis 2016, Inès Mesmar rappelle la genèse du projet: en discutant un jour avec sa mère, elle découvre que celle-ci a été brodeuse à Tunis avant d’immigrer en France. Pour Inès, la raison d’être de la Fabrique Nomade s’éclaire, c’est de “lever les freins qui empêchentles artisans migrants et réfugiés d’exercer leur vrai métier” (barrière de la langue, démarches administratives, absence de réseau, difficultés à s’adapter au marché local…) en accompagnant leur insertion professionnelle en France. Recrutés par bouche à oreille ou via des réunions d’informations auprès des structures d’hébergement, les artisans sont accompagnés pendant 6 mois par des designers bénévoles. L’objectif est d’arriver, au bout d’une saison, à réaliser des objets pour les collections vendues par la Fabrique Nomade dans sa boutique du Viaduc des Arts.

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photo : le Sens de la Ville, “Sonia et Sacha, nos deux explorateurs pour le Rez-de-Chausseur”

Après le discours d’Inès, les artisans présentent leur parcours et leur métier, en binôme avec le designer qui les a accompagnés : Sana est ébéniste, Wadie vannier, Fadhila couturière, Jeannette réalise des imprimés textiles sur des bijoux en cuivre, Fayun est céramiste.Originaire d’Afghanistan, Burhan est lissier (fabricant de tapis) et pour qu’il puisse exercer son activité, la Fabrique a pu emprunter un métier à tisser à l’École Nationale des Arts Décoratifs. Responsable de la communication de la Fabrique Nomade, Ghaïta Tauche-Luthi ajoute :“certains ont vraiment des compétences de niche ; là, on peut jouer un rôle pour trouver des ressources et des contrats”.

Pour faire tourner la Fabrique, Inès Mesmar et Ghaïta Tauche-Luthi sont deux à travailler à temps plein, accompagnées depuis peu par une conseillère en insertion professionnelle. Plusieurs services civiques renforcent l’équipe, ce qui implique tout de même de “jongler avec la complexité de la transmission de postes, ce qui n’est pas facile”, confie Ghaïta, “tous les 7-8 mois, une nouvelle “saison” s’enclenche avec de nouveaux artisans, de nouveaux designers et une nouvelle équipe”. Pour chaque collection, des professionnels participent aussi au projet : directrice artistique, photographes, scénographes, designers…L’occasion de ce vernissage a aussi été l’occasion de s’interroger sur l’histoire itinérante de cette association. En effet, pour la première fois depuis sa création, toutes les activités de l’association sont regroupées au sein d’un même lieu.

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Photo : Le Parisien, “Paris : la Fabrique Nomade ouvre ses portes aux artisans réfugiés”, 30 Septembre 2018

Nichés dans cet interstice serpentant la ville entre Bastille et Porte Dorée, ces rez-de-chaussée sur-mesure dédiés à l’artisanat et à la création participent à l’animation de l’avenue permise par la transparence des vitrines et offrent un vrai spectacle aux piétons. Ici, le rez-de-chaussée s’ouvre ainsi sur un showroom, la boutique et espaces d’animation d’ateliers alors que le sous-sol accueille les ateliers des artisans et la mezzanine héberge les bureaux.

Mais avant d’en arriver là, la Fabrique Nomade a fait plusieurs escales. Celle-ci a d’abord fonctionné de manière éclatée entre le makerspace Ici Montreuil et l’espace de coworking La Ruche. Puis, grâce à la mairie de Paris et au GIE Paris Commerces[1], l’association a emménagé dans le local d’une ancienne banque du 19e arrondissement mis à la disposition de façon temporaire, sous la forme d’une convention de mise à disposition. C’est donc dans le quartier Danube-Solidarité (19ème), que la Fabrique Nomade s’est installée dans un second temps, entre les Buttes Chaumont et la Porte de Pantin. Les anciens guichets se sont ainsi transformés en bureaux, les cours de langue y ont également trouvé leur place, et le coffre-fort s’est métamorphosé en atelier de menuiserie. Malgré sa vitrine sur rue et ses ateliers gratuit, la Fabrique Nomade n’a pas pu créer une vraie relation de quartier, restant assez excentrée, et ne captant pas un flux de public suffisant.

En juillet, La Fabrique Nomade s’installe au Viaduc des Arts, dans un espace de 300m2. La ville de Paris en est propriétaire et concède la gestion ainsi que la commercialisation du Viaduc à la SEMAEST, dans le cadre d’un bail emphytéotique. Cette installation est une belle fenêtre d’opportunités pour favoriser l’insertion professionnelle des artisans, l’animation d’ateliers de pratique artisanale et les ventes d’objets de la collection.

A l’avenir, l’association souhaite “augmenter un peu le nombre de résidents, de faire une vraie certification “La Fabrique Nomade” qui soit reconnue, pour que les artisans, une fois qu’ils sortent, aient comme un diplôme, pour qu’ils aient accès à ce type de reconnaissance” ! Tout un programme pour la Fabrique Nomade en devenir !

 


[1]Structure regroupant les trois bailleurs sociaux de la ville de Paris, Paris Habitat, RIVP et Elogie SIEMP

Décroissance urbaine et initiatives citoyennes en rez-de-chaussée

A Saint-Etienne, en analysant un projet de redynamisation de rez-de-chaussée vacants par l’association locale Rues du Développement Durable, les chercheuses Christelle Morel Journel et Valérie Sala Pala questionnent le concept de « droit à la ville » dans un contexte de décroissance urbaine. A lire, ici.

” Les acteurs impliqués dans les expérimentations en cours (…) rencontrés à Saint-Étienne soulignent ainsi les opportunités qu’offre le contexte de décroissance pour le déploiement de leurs initiatives : la disponibilité de nombreux espaces et leur facilité d’accès économique pour des activités associatives ou artistiques ; un relatif brassage social, ethnique et culturel ; l’attention des pouvoirs publics, limités dans leurs moyens d’agir par la faiblesse des ressources fiscales, et le soutien d’acteurs privés engagés depuis longtemps dans le renouvellement urbain ; l’existence d’interstices faisant l’objet d’un faible contrôle et donc susceptibles d’être investis comme un « terrain de jeu ». Ils évoquent enfin l’« authenticité » et l’« état d’esprit » d’une ville postindustrielle échappant en partie à leurs yeux à la normalisation marchande et accordent une haute valeur symbolique aux traces urbaines héritées de l’histoire ouvrière (Rautenberg et Védrine 2017).” 

 

Balade en rez-de-chaussée (1) – À Bonneuil-sur-Marne, une nouvelle dynamique commerciale pour le quartier République

Le Sens de la Ville a missionné cinq étudiants du Cycle d’urbanisme de l’Ecole Urbaine de Sciences Po Paris pour cartographier les acteurs de la fabrique urbaine des rez-de-chaussée et en explorer les enjeux émergents. À travers la série “Balades en rez-de-chaussée”, ils partagent leurs explorations des pieds d’immeubles métropolitains.

Une galerie commerciale vieillissante, une fréquentation en baisse, un sentiment d’insécurité : tous les ingrédients étaient réunis pour envisager la fermeture des commerces de proximité du quartier de la République, à Bonneuil-sur-Marne (94). Heureusement, il n’en est rien. Les commerçants ont décidé de se battre, ensemble. Ils ont réussi à alerter la puissance publique sur la nécessité de requalifier leur polarité commerciale vieillissante dans le cadre d’un projet de rénovation urbaine.

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Le déclin des agences bancaires en centre-ville : un enjeu insoupçonné

Illustration : Jérémie Rigaudeau, Absurdographie, oeuvre d’art réalisée dans le cadre du Voyage à Nantes, représentant une pie voleuse perchée sur la fenêtre d’une agence bancaire

Nous relayons ici un article de Pierre Pontecaille, urbaniste, sur la disparition des agences bancaires centre-ville. Un sujet d’actualité, alors que la Banque Populaire et la Caisse d’Épargne (groupe BPCE) prévoient 400 fermetures dans les deux prochaines années, et que la Société Générale vient d’annoncer la réduction de 20% de son réseau d’agences sur la même période, soit 1800 établissements…

Ces évolutions soulèvent, plus largement, la question de la « bonne » programmation à rez-de-chaussée : une banque peut en effet être perçue à la fois comme un programme très standard et peu porteur en matière d’animation urbaine… et comme un équipement essentiel pour l’accès aux liquidités et le lien social ! 

Les acteurs bancaires privilégient uniquement les implantations au sein de territoires attractifs afin de favoriser les activités bancaires à haute valeur ajoutée. Entrainant des impacts multiples, la fermeture d’une agence accentue les dynamiques territoriales en présence, et peut tant fonctionner comme un événement catastrophique qu’un levier de développement urbain.

Pour lire l’intégralité de l’article, c’est par ici : https://www.linkedin.com/pulse/la-vacance-des-agences-bancaires-de-centre-ville-du-pontecaille

Toulon : de la rue Pierre Sémard à la Rue des Arts, un montage public-privé pour faire le pari de la reconquête des rez-de-chaussée

Mai 2017 : la « Rue des Arts » est inaugurée, et de mémoire de toulonnais, on n’avait pas connu une telle affluence dans le centre ancien depuis bien longtemps ! L’histoire commence au début des années 90, à la mise en œuvre par la collectivité, via la SEM V.A.D. (Var Aménagement Développement), d’une stratégie de maîtrise foncière des immeubles de la Rue Pierre Sémard au travers de préemptions systématiques sans projet précis à l’horizon.
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Une alliance inédite entre startup, commerçants, citoyens, et acteurs publics pour les rez-de-chaussée parisiens

Demain la Ville est parti à la rencontre de Nadia Tiourtite et Xavier Moisant, co-fondateurs de Cmarue, développeur d’une plateforme permettant de recueillir les attentes des habitants pour la commercialisation des pieds d’immeuble de leur quartier.

L’initiative est expérimentée dans le 19ème arrondissement avec l’aide des bailleurs, de la SEMAEST et de la ville de Paris. Quand les rez-de-chaussée deviennent l’objet d’une alliance inédite entre une startup, des commerçants, citoyens, et acteurs publics… et interrogent la place des datas les méthodes de programmation de la ville.

Affaire à suivre…

Les 10e et 18e arrondissements de Paris montrent de l’intérêt pour Cmarue. Dans notre plan de test, nous avons deux cibles à venir : les nouveaux quartiers sortis de terre, où la vie riveraine peut être co-construite en amont, et les centres-villes de villes moyennes, qui souffrent le plus de la désertification des commerces.

Retrouvez l’intégralité de l’article sur Demain la Ville.

 

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