L’association Citoyennes Interculturelles Paris, cantine de quartier engagée

Dans la petite rue de Tourtille (20ème arrondissement), le menu du C.I.P. 20 affiche d’un jour sur l’autre spaghettis, couscous, et, pour la semaine du 8 mars 2017, un « menu du droit des femmes » à base de tiep au poisson. Créée à l’initiative d’un groupe d’habitantes de Belleville, l’association Citoyennes Interculturelles Paris 20ème fait tourner depuis septembre 2015 une activité de restaurant/traiteur. Cantine locale et engagée, le C.I.P. emploie aujourd’hui 5 salariées et ravit les papilles de tout le quartier.

 

Entre un local associatif dédié à l’apprentissage de la langue chinoise et un bar à vin, le C.I.P. dévoile au travers d’une façade vitrée une salle de restauration d’une trentaine de couverts. Les murs et le bar sont revêtus d’élégants panneaux de bois réalisés par une entreprise d’insertion et de recyclage, Extra-muros. Une grande fresque, dessinée par une illustratrice locale avec des enfants, égaye l’un d’entre eux. Une ambiance chaleureuse se dégage du lieu où les habitués se pressent pour le couscous du jeudi midi : « Nous faisons une cuisine de partage. Il y a eu des bénévoles d’origines asiatiques, libanaises, françaises, africaines, magrébines… » explique Bachira, membre du C.I.P. depuis sa création.

IMG_2284La genèse du projet remonte à 1999, quand une dizaine d’habitantes du Bas Belleville, engagées dans une association de défense du droit des femmes, décident de se lancer dans la restauration. Empruntant la cuisine d’un centre social ou de restaurateurs complices, le collectif amorce une activité de traiteur ultra-locale, en vendant ses produits sur le marché de Belleville ou lors de fêtes de quartier. Puis vient l’envie d’avoir « un lieu à soi » et surtout, de créer de l’emploi : l’association se met en quête d’un local. Le projet est présenté à la Mairie de Paris et séduit. Commence alors une longue recherche avec le soutien de Paris Habitat, bailleur social de la ville de Paris et partenaire de l’association. L’ADEL (Agence pour le développement de l’économie locale), spécialiste de l’accompagnement des femmes porteuses d’initiatives économiques solidaires, accompagne la maturation du projet. C’est finalement dans un ancien local de téléphonie mobile reconverti que naîtra l’actuel restaurant. Les travaux ont permis d’aménager l’actuelle salle de restauration et de l’ouvrir sur la rue, et de créer une cuisine professionnelle en sous-sol. Un bloc de cuisine mobile a été installé dans la salle principale pour l’organisation d’ateliers cuisine avec les centres de loisirs du quartier.

Aujourd’hui, l’association s’appuie sur un réseau d’une dizaine de bénévoles et emploie 5 salariées (l’un à temps plein et les autres en contrat de 26h). Aucune d’entre elles n’est titulaire d’une formation dans la cuisine. Elles parviennent pourtant à mener de front l’activité de traiteur et le restaurant, dont la carte change chaque semaine. Et le C.I.P. compte bien poursuivre son développement : les femmes souhaitent étendre les horaires d’ouverture du restaurant (pour l’instant limités au mercredi, jeudi et vendredi midi), proposer des cours de cuisine et des soirées à thème. En lien avec les autres acteurs locaux, elles partagent leur expérience et soutiennent l’émergence de projets similaires, à Belleville ou ailleurs.

Illustrations : Le Sens de la Ville

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